Carnet de voyage : Seychelles


Salut à toutes et à tous,

Ça y est, dernière étape de notre tour de l’Océan Indien : les Seychelles. Au-delà de son image d’île paradisiaque destinée aux touristes fortunés (ce qu’elle est effectivement), on en sait rarement plus sur ce petit archipel constitué de plus de 115 îles dont les 3 principales sont Mahé (la plus grande, où se trouve la capitale), Praslin et La Digue.


Découvert par les portugais et d’abord colonisé par les français au XVIII siècle (qui étaient déjà présents à Maurice et d’où les Seychelles étaient alors administrés), l’archipel est passé sous le contrôle des anglais à la fin du XVIII siècle puis l’est resté jusqu’à son indépendance en 1976 où le pays est devenu une « République au parti unique » dont le « président » est resté au pouvoir jusqu’en 2004 et dont le parti dirige toujours le pays. Un pays qui a connu des conditions difficiles donc et qui est resté extrêmement fermé jusqu’à il y a peu.


Le coût de la vie ici est nettement plus élevé et beaucoup moins flexible que sur les 3 précédents pays, nous forçant à réduire la durée de notre séjour au minimum. Les tarifs ne sont pas les mêmes pour les étrangers et pour les locaux, comme dans bien d’autres endroits, mais autant dans les autres pays nous avions un peu le choix, ici on commence d’office au niveau 5 étoiles. Heureusement pour nous que nous avons pu être hébergés, merci beaucoup à nos hôtes !



Nous sommes logés dans une chouette résidence d’artistes, avec une jolie vue (à droite) et un leitmotiv pour se lever du bon pied (au milieu)

A peine arrivés le dimanche en avion, nous commençons donc nos animations le lundi, à raison d’une école par jour. Nous avions cette fois-ci eu le temps de nous renseigner sur le contexte énergétique local avant notre arrivée. Il est en l’occurrence assez simple, le mix énergétique utilisé pour alimenter l’île en électricité est composé de 3 sources d’énergie : le soleil, le vent et le pétrole. A l’image des îles précédentes, le rapport de force n’est pas en faveur des énergies renouvelables puisque le solaire et l’éolien se partagent un peu plus de 2% de ce mix énergétique, avec pour objectif d’atteindre 5% d’ici 2025. Les importations de pétrole, qui alimente les 98% restants, représentent selon les variations du cours du baril entre 15 et 25% du PIB du pays qui est donc extrêmement dépendant en terme d’énergie.


Les 8 éoliennes des Seychelles, visibles depuis de nombreux endroits sur la partie Est de l’île, contribuent à 1.3% de l’électricité produite, même si beaucoup d’enfants pensent qu’elles fournissent toute l’électricité de leur île.

Cependant, la grande majorité du pétrole importé sur l’île n’est pas utilisée pour la production d’électricité mais pour alimenter les moyens de transport (avion compris). En l’occurrence, près de 70% des importations de pétrole servent au secteur du transport uniquement, dont une bonne partie pour l’aviation et la majorité pour le reste des véhicules (voitures, bus). Des chiffres assez impressionnants qui ont rendus nos interventions sur le sujet du transport et les images de notre vélo solaire d’autant plus intéressants auprès des étudiants du secondaire. Avec les élèves du cycle primaire on a commencé par l’énergie en général et le fonctionnement des différentes sources utilisées avant de pouvoir aborder ce genre de sujet.


Quelques panneaux solaires se sont glissés sur ces photos, saurez-vous les retrouver? ^^



Nos premières animations avec les primaires, une école par jour

Les animations ont été très disparates en terme de niveau d’attention des élèves. Nous avons été vraiment surpris de voir comment la même animation n’avait pas du tout le même écho auprès des élèves selon l’école où nous étions. Pour les primaires c’était tout ou rien, soit les élèves étaient particulièrement attentifs, appliqués et intéressés, soit ils étaient totalement dispersés. Pour les secondaires, il a été plus difficile que d’habitude de les garder concentrés sur les discussions un peu théoriques, mais ils étaient très intéressés par le vélo et les questions très concrètes tournant autour. Et puis surtout c’est la première fois que les professeur(e)s nous félicitent… d’avoir simplement eu le courage de faire cours avec leur classe ! On a été plutôt surpris au début, mais quelques discussions avec plusieurs personnes au cours du séjour nous laissent à penser à notre départ que les professeur(e)s de secondaire ont la vie dure. La faute à l’environnement de travail ? A certains aspects culturels ? A d’autres problèmes que nous n’avons pas été en mesure de voir ? Impossible à dire seulement après notre court séjour.






Au delà de nos animations, notre passage aux Seychelles nous a aussi permis d’entrevoir un pays où les gens sont accueillants et unis. Malgré l’écart de richesse important entre le niveau de vie local et le niveau de vie du tourisme de l’île, aucune animosité n’y règne. Les seychellois sont chaleureux et souriants 🙂 Ils sont aussi très fans de foot apparemment ! A peu près une voiture sur deux arbore un drapeau du pays qu’ils soutiennent pour la coupe du monde ! L’occasion de nous rappeler que c’est vrai, c’est la coupe du monde en ce moment ^^.





Nos trajets se font essentiellement en bus et à pied, comme pour beaucoup de monde même s’il y a de plus en plus de voitures. L’île principale reste relativement petite et on peut facilement accéder à n’importe quel endroit de l’île en bus, si tant est qu’on ait un peu de temps devant nous… Oui parce que les bus vont partout, mais on ne sait pas quand. Il y a bien des horaires mais ils sont très théoriques. On a essayé de s’y fier au début et on a abandonné, il faut juste prévoir suffisamment de marge entre les rendez-vous. De manière générale, le rapport au temps ici est très souple. Le rythme de vie est paisible et agréable, la frénésie est absente de la vie de la majorité des seychellois et ils ne s’en plaignent pas. Il manque peut-être un peu d’activités parfois mais le pays dans son ensemble prend tout son temps pour se développer à son rythme sans se presser.





Le trajet jusqu’à Praslin et La Digue en bateau (qui n’a pas été de tout repos)

L’île de La Digue pousse cette logique encore un peu plus loin, sa petite taille jouant. Il n’y a presque aucune voiture là-bas, tout le monde se déplace à vélo et l’atmosphère générale de l’île est incroyablement apaisante! Des 3 îles principales, elle est leader dans beaucoup de domaines : mobilité électrique, gestion des déchets, etc.



La vie à La Digue, calme et paisible. Notre vélo aurait été parfait ici !

Culture anglophone oblige, la langue officielle est l’anglais, de même que leurs cours. Les écoles suivent le modèle scolaire anglais (comme à Maurice) et le repas n’est pas forcément un moment à part, ayant comme en France une véritable importance dans la journée. Le repas, c’est plutôt un « Take-away » qu’on trouve quand on peut et qu’on mange si on a un petit moment ici ou là, y compris à l’école. Tout le monde mange son take-away assis où il peut à même la boite. Fort heureusement pour l’île, la gestion des déchets est beaucoup plus développée ici et commence à rentrer dans les mœurs. Les boites de take-away sont en carton, les sachets plastiques sont remplacés par des petits sacs en tissu fin donnés gratuitement dans tous les magasins, les quelques couverts en plastiques sont suffisamment solides pour être réutilisables,… Bref après les îles précédentes on est assez impressionnés et agréablement surpris ! Par contre les pailles en plastiques sont toujours aussi omniprésentes, mais une association locale se bas contre ça et on l’entend régulièrement à la radio 🙂 On a même eu l’occasion de voir un documentaire diffusé gratuitement au cinéma de Victoria sur le plastique dans les océans, effrayant… A l’entrée, il y avait une structure en carton recyclé peint qui affichait : « Can’t re-use it ? – Refuse it ! » (Impossible à ré-utiliser, refuse-le !) La salle était pleine et toutes les générations semblaient être présentes mais il n’y a pas eu de débat après la projection. En tous cas, le film, « A plastic Ocean », donnait vraiment envie d’agir contre nos déchets, qui finissent par revenir dans notre assiette (via les nanoplastiques notamment…).


Une de nos pauses take-away à gauche, un petit restaurant très sympathique à droite (à Praslin) où on a bien discuté !




Voilà, on retiendra de ce rapide passage une île vraiment magnifique au contexte intéressant et des habitants accueillants. Un endroit calme et paisible où il fait bon vivre, parfois un peu au ralenti (chaleur oblige, ou peut-être pas?). Un endroit qui mériterait d’être plus accessible… ou pas ? Peut-être bien que ce tourisme de luxe protège ce petit paradis plus qu’autre chose.



Chez « Toto » à gauche, qui tient un musée incroyable, et le ramassage des mangues à droite

Et sinon, notre matériel est censé rentrer à Paris dans les prochains jours, on espère le retrouver dans un état correct après ses 4 mois de voyage en solitaire, perdu entre l’Océan Indien et l’Afrique du Sud… On attend son retour sur Paris et on se laisse un peu de temps pour organiser la suite, le temps de clôturer le projet avec la COI, de rassembler les différents morceaux du vélo et de planifier la suite des événements.

A bientôt pour d’autres nouvelles donc!

 

L’équipe SolaR’hythm