Carnet de voyage : Madagascar


Salut à toutes et à tous,

Une petite étape pour un grand pays ! Madagascar est grand comme 1,5 fois la France et est riche de 18 ethnies officiellement (en fait il y en a plus). Peut-être avez-vous entendu parlé de Madagascar récemment du fait de leur contexte politique… depuis fin avril c’est assez mouvementé dans la capitale, Antananarivo, où de nombreux manifestants s’opposent à la modification de la constitution que souhaite réaliser le président. Il s’agit apparemment de modifier le découpage électoral (en sa faveur) en vue de la prochaine élection prévue pour la fin de l’année. Et malheureusement les manifestations peuvent donner lieux à des coups de feu, il y a déjà eu plusieurs morts… Mais bon, vous aussi vous devez avoir votre dose de manifestations en ce moment en France.


Dans ce contexte plutôt incertain, la COI nous a demandé de retrouver la troupe de théâtre du spectacle « Azafady, ça peut pas durer », que nous avions rencontrée aux Comores, et de suivre leur tournée. Le programme est donc Antananarivo (ou Tana) puis Mahajunga et Ambatoloaka (sur l’île de Nosy Be). Alors c’est parti pour un timing assez serré, 3 semaines pour 3 villes distantes respectivement d’une et deux journées de route !


Depuis notre passage aux Comores et notre rencontre avec les professeurs de l’école française, nous avons été mis en contact avec d’autres écoles françaises de l’océan indien. Et notamment une professeure de lycée qui nous avait répondu dans la foulée pour nous faire part de son intérêt et qui nous attendait de pied ferme à Tana ! Une agenaise en plus, nous disait-elle dans son mail ^^ Autant vous dire qu’on a été super bien accueillis en arrivant à Madagascar ! Déjà par Pierre, notre ami dessinateur qui nous attendait à l’aéroport, puis par une belle équipe de professeurs à Tana tout au long de notre séjour sur place, une dizaine de jours avant de retrouver la troupe de théâtre. Notre planning s’est assez vite préparé entre les écoles et le lycée français pour plusieurs rencontres et animations, en plus il y avait un jour férié au milieu, dommage.


Premières animations dans les écoles à Tana


Pour être opérationnels au plus vite, nous avons largement réutilisé les activités déjà créées sur les autre îles en les faisant tout de même évoluer pour correspondre au contexte de Madagascar et ça a très bien marché.


Animations et ateliers au Lycée Français


Ici, l’électricité est gérée et distribuée par l’entreprise Jirama. Elle est produite en majorité à partir de pétrole, importé en totalité. L’énergie hydraulique représente la deuxième source d’énergie électrique distribuée sur le réseau (essentiellement dans les grandes villes), tandis que l’énergie solaire représente la majorité de l’électrification rurale, encore extrêmement faible.


Une centrale thermique de la Jirama à gauche, un dessin du carnet de voyage sur l’énergie à droite

Les énergies solaire, éolienne et hydraulique présentent à Madagascar un potentiel énorme qui permettrait d’atteindre l’autonomie énergétique du pays. D’après les estimations, l’énergie hydraulique à elle seule permettrait de fournir 7800 MW dont seulement 2% sont aujourd’hui exploités. De quoi alimenter la totalité des besoins énergétique de l’île et plus encore.

Le niveau d’électrification du pays, difficile à quantifier sur une étendue aussi vaste, est l’un des enjeux énergétiques majeurs à Madagascar. Il atteint d’après les estimations un peu plus de 50% en milieu urbain et à peine plus de 5% en milieu rural, pour un total de moins de 15% à l’échelle du pays.

Du fait des objectifs de la Nouvelle Politique de l’Énergie qui vise à atteindre 70% d’électrification d’ici à 2030, une meilleure efficacité énergétique est primordiale pour contrôler et maîtriser la croissance de la demande énergétique à venir tout en réduisant au maximum les problèmes de délestage encore réguliers à ce jour.


Les discussions avec les élèves que nous avons rencontrés (primaire, collège et lycée) ont été très riches ! Nous avons été épatés par le niveau de compréhension des enjeux énergétiques d’élèves de CM2 à la fin de notre activité. Les lycéen(ne)s, de leur côté, ont imaginé des alternatives très variées et pertinentes à nos moyens de transport polluants. Bref, de supers échanges !



Notre séjour à Tana se termine par la journée « les Voix de l’Ecologie » organisée par la troupe de théâtre à l’Alliance française de Tana. D’autres associations sont présentes et c’est l’occasion pour nous de découvrir d’autres beaux projets et de parler du nôtre avec tout un tas de gens motivés.


Un looonnnng trajet en minibus



Direction Mahajunga par la route avec la troupe de théâtre : 1 journée en minibus ! Nous profitons de beaux paysages sur la route, nous quittons les hauts plateaux pour nous rapprocher de la côte. A Mahajunga nous avons rendez-vous avec l’Alliance française pour une journée d’ateliers qui se termine par le spectacle. Installés dans la bibliothèque avec notre jeu du saboteur électrique, nous improvisons des sessions d’animations avec les enfants présents, transformant le jeu à notre guise en fonction de l’âge des enfants.


Le cirque rouge de Mahajunga, magnifique.



Ateliers sur l’énergie dans la bibliothèque de l’alliance française

Puis direction Nosy Be : 2 jours de route cette fois ! Et là encore on en prend plein la vue avec des paysages très variés et des plaines à perte de vue… voir tant de belles choses en si peu de temps est évidemment un peu frustrant mais ça reste mieux que de le survoler en avion encore plus vite. On croise une quantité incroyable de petits villages, dont l’écrasante majorité n’est évidemment pas électrifiée… De temps en temps on aperçoit un petit panneau solaire sur un toit 🙂


Chacun son moyen de transport




A gauche notre bateau pour la traversée, à droite une affiche de l’association Miaraka

Arrivés à Ankify, il faut prendre le bateau pour aller jusqu’à l’île de Nosy Be puis un taxi pour la ville d’Ambatoloaka où nous sommes attendus par Manuella de l’association Miaraka, qui veut dire « ensemble » en malgache, une merveilleuse rencontre ! Leur association mène tout un tas d’actions sociales et éducatives. Nous avons été super bien reçus et même logés dans une grande maison en chantier prêtée par un hôtel, une chance incroyable dans cette partie très touristique de Madagascar qui nous a permis de nous sentir un peu moins loin du quotidien des locaux. Cette partie de l’île est malheureusement connue plus particulièrement pour son tourisme de prostitution, les écarts de richesse n’aidant pas…





Nous avons organisé un atelier sur l’énergie pour les classes de CM1-CM2 d’une école juste à côté du « centre ville » touristique (une rue). Puis la dernière représentation du spectacle de la troupe de théâtre a clôturé leur tournée dans le cadre du projet avec la COI. Le lendemain, nous voilà repartis pour Maurice où nous sommes obligés de passer pour aller aux Seychelles car les vols directs depuis Madagascar ont été interrompus depuis la période de la peste pulmonaire très contagieuse en fin d’année dernière. Nous y restons quelques jours le temps de rédiger les fiches pédagogiques et d’essayer de donner quelques nouvelles, puis nous voilà en route vers les Seychelles où nos animations commencent le 4 Juin. Nous devrions ensuite être de retour en France fin Juin.

On retiendra de ce court séjour, qui ne nous aura permis que d’entrevoir la vie malgache (il nous faudrait de toute façon des années pour comprendre Madagascar en profondeur), que c’est un pays vraiment magnifique auquel on souhaiterait moins de difficultés. La complexité du contexte malgache fait de cette île un lieu incroyable dont toutes les facettes sont difficiles à appréhender et dont beaucoup nous restent inconnues à notre départ.

A bientôt pour la suite de nos péripéties dans l’Océan Indien 😉

 

L’équipe SolaR’hythm