Carnet de voyage : Comores


Salut à toutes et à tous,

Nous voilà aux Comores. Ce n’est pas le premier pays où nous pensions nous rendre après la France un mois et demi auparavant, et encore moins il y a un an. Et pourtant c’est bel et bien là que nous avons atterri fin février pour y commencer notre tour de l’Océan Indien : Comores, Maurice, Madagascar et Seychelles. Une expérience qui s’annonce riche et variée tant le contexte de chacune de ces îles est différent en terme de ressources énergétiques.


L’archipel des Comores est un ensemble de 4 îles situé entre le continent africain et Madagascar. De ces 4 îles, 3 forment l’Union des Comores : Grande Comore, Mohéli et Anjouan. Les Comores ont obtenu l’indépendance en 1975. La 4ème île, Mayotte, est encore sous administration française. Contrairement à d’autres îles de la région comme la Réunion, Maurice ou les Seychelles, les Comores sont peu touristiques. Et pour cause, le manque d’infrastructures (de routes par exemple :-D) et l’absence de gestion des déchets n’y sont pas favorables… Et pourtant quel pays riche et agréable par bien d’autres aspects!



Quelques-unes de nos premières impressions en arrivant aux Comores…

Riche de son environnement unique. Agréable par sa tranquillité et par les personnes qui l’habitent, d’une gentillesse à toute épreuve. A tout endroit et à toute heure du jour ou de la nuit, le calme et la sécurité règnent, sans inquiétude aucune. Les gens y sont accueillants et chaleureux. Passé les premières impressions négatives sur la saleté de l’environnement, c’est bel et bien des gens dont nous nous souviendrons avant tout de notre séjour aux Comores! Passé ces premières impressions négatives c’est aussi paradoxalement l’environnement qui fait toute la richesse de ce pays. Chacune des îles de l’archipel est une île volcanique à un stade différent de son évolution, la dernière (Grande Comore, où se situe la capitale et où nous séjournons) possédant un volcan encore actif : le Karthala.


On a vu une ou deux belles plages malgré tout… mais un peu multicolores quand on se rapproche (une belle variété de plastiques, pas de coquillages).



La richesse de cet environnement c’est d’une part une faune (Cœlacanthe, Roussette Livingstone, Fumingo des Comores, Gobe mouche, tortues vertes, etc.) et une flore (Vanille, Ylang-Ylang, Nyadombé ou autre herbes médicinales) uniques. C’est aussi une véritable abondance de ressources énergétiques renouvelables :

  • ensoleillement conséquent toute l’année (6h/jour des les plus mauvaises périodes),

  • des vents puissants mais pas aussi destructeurs que dans les zones les plus touchées par l’activité cyclonique de la région,

  • et surtout une activité volcanique permettant l’utilisation de la géothermie à grande échelle.


L’électricité est gérée par l’entreprise « Mamwe » (ainsi que l’eau) sur les îles de Mohéli et Grande Comore, l’île d’Anjouan a sa propre entreprise de gestion, ce qui n’est pas sans causer quelques problèmes pour un enjeu national comme l’énergie. A gauche les anciens groupes électrogènes de Grande Comore, non fonctionnels, à droite les nouveaux.

Malgré toutes ces opportunités, le contexte énergétiques actuel aux Comores c’est :

  • une électricité produite à plus de 98% par des groupes électrogènes (excepté les installations solaires de quelques particuliers et une petite centrale hydraulique apparemment plus en fonctionnement à Mohéli),

  • 40 000 à 45 000L de Gasoil par jour pour produire l’électricité, importés à 100%,

  • 18 000 000 KMF/jour (Francs Comoriens), soit environ 36 500 euros/jour.

  • un accès à l’électricité stable depuis début 2017 seulement (avant il n’y avait que 3-6h d’électricité par jour au mieux dans la capitale, et quelques heures par mois dans les zones les plus reculées) avec encore en moyenne 3 à 6 coupures par jour du fait de problèmes de réseau.

C’est dans ce contexte que nous arrivons aux Comores pour proposer des actions de sensibilisation sur le thème de l’énergie avec une partie de notre matériel solaire 🙂






Le spectacle « Azafady, ça peut pas durer », plus d’infos sur leur facebook 😉

Premier RDV : la journée « Les Voix de l’Ecologie », organisée au Centre Culturel et Artistique des Comores (CCAC Mavuna). Plusieurs stands et activités y sont proposées sur toutes sortes de thèmes gravitant autour de l’écologie, à commencer par la gestion des déchets et de l’énergie. Et surtout, le spectacle « Azafady, ça peut pas durer » vient clôturer cette belle journée. C’est pour nous joindre à la troupe qui a créé ce spectacle (qui est en tournée dans l’Océan Indien également) que notre départ a été précipité et réorienté vers les Comores. Nous espérions bénéficier de cette journée et de la venue de cette troupe pour proposer une animation sur l’énergie mais notre matériel n’est pas arrivé à temps, retardé par des problèmes de fret. Nous avons quand même improvisé un stand pour discuter avec les gens et se faire quelques contacts au passage en vue de la suite du séjour!



Animations dans les écoles primaires publiques de Moroni (CM1-CM2).

On poursuit nos prises de contact et nos réflexions pour construire des animations adaptées au contexte local mais 3 jours plus tard, on apprend que l’arrivée de notre matériel est à nouveau repoussée… Tant pis, on ne peut pas attendre notre matériel indéfiniment et nos premiers rendez-vous dans des écoles primaires sont déjà pris. De toute façon, on a imaginé des activités ludiques pour reprendre les concepts à la base et ce n’est pas sûr que leur montrer un vélo solaire aurait apporté quoi que ce soit au final. Le vélo n’est pas un outil qui leur soit suffisamment familier en ville, les routes sont encore un peu dangereuses pour envisager une démocratisation de ce moyen de transport pour les plus jeunes.


Jeu de société inspiré du « Saboteur », tout le monde a adoré!



Notre animation avec les primaires (CM1-CM2) marche très bien, elle leur permet d’expérimenter dans un jeu le fonctionnement de l’électricité sur leur île et ce qu’il en serait avec d’autres sources d’énergie (renouvelables). On voulait également pouvoir s’adresser aux plus grands et pour leur proposer des animations instructives et ludiques, on a entre autre fabriqué un jeu de société sur le fonctionnement de l’électricité aux Comores. Pour celles et ceux qui connaîtraient, on s’est inspiré du principe du jeu du « Saboteur » qu’on a recréé en dessinant sur des bouts de carton de boîte à pizza (si si !) grâce à l’aide de notre ami dessinateur Pierre qui nous accompagne dans ce projet pour réaliser un carnet de voyage.



Animations avec des collégiens, lycéens, futurs professeurs et adultes.

Notre dernière semaine est bien remplie, de plus en plus de rendez-vous s’organisent, souvent au dernier moment avec quelques difficultés logistiques, mais la spontanéité et l’intérêt de chacun(e) sont toujours au rendez-vous! On remercie énormément toutes celles et ceux qui nous ont permis de créer ce réseau de contacts durant notre court séjour, nous permettant de rencontrer tous les niveaux de la primaire aux adultes en passant par le collège, le lycée, l’IUT et même les futurs professeurs d’école primaire (à qui nous avons pu montrer les animations que nous avions réalisées pour qu’ils puissent les réutiliser ou s’en inspirer).


Le smartphone, tout aussi omniprésent ici qu’ailleurs ^^

Nous n’avons donc pas fait le tour des Comores, suscitant des rencontres au gré des routes comme nous avons pu le faire en France avec notre tandem ; mais nous avons pu, dans le peu de temps qui nous était imparti, créer des animations adaptées à plusieurs niveaux scolaires pour aborder les enjeux énergétiques et créer un réseau de gens motivés au sein duquel nous pourrons partager des fiches récapitulatives de ces animations pédagogiques pour mieux les diffuser.

Nous terminons ainsi notre séjour d’un peu plus de 3 semaines aux Comores, espérant laisser derrière nous une trace et une étincelle dans le cœur de tous les gens motivés que nous avons croisés!


A gauche : les routes assez aléatoires en dehors de « la route principale » / A droite : toute un partie d’un hôtel à l’abandon avec piscine comblée, symbole d’une période apparemment plus florissante pour le tourisme, visible à de nombreux endroits…

Fin de période cyclonique dans la région, on a eu beaucoup de pluie (ce qui n’est pas considéré comme du mauvais temps ici puisque ça permet d’avoir moins chaud). On a quand même réussi à profiter d’une éclaircie lors de notre dernière journée pour monter au cratère d’Iconi, au sud de Moroni – la capitale – et profiter de la vue de quelques-uns de ces magnifiques paysages volcaniques 🙂



Quelques-unes de nos dernières impressions avant de quitter les Comores… 🙂

Quant à notre matériel, il a bien fini par arriver… 3 jours avant notre départ. Il est donc reparti illico vers notre prochaine destination : Maurice. En espérant qu’il arrive plus rapidement cette fois, car il devrait nous être plus utile!

On se retrouve prochainement pour la suite de nos péripéties dans l’Océan Indien 😉

 

A bientôt!

 

L’équipe SolaR’hythm